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Informes Parciales

Petition de Avocats Européens Démocrates (AED) au Conseil de l'Ordre Espagnol


(Document en Word)



AU CONSEIL DE L'ORDRE ESPAGNOL



L'Association internationale que je préside, AVOCATS EUROPÉENS DÉMOCRATES (AED), a eu connaissance au travers des rapports faits par plusieurs de ses membres qui participent en qualité d'observateurs accrédités dans le procès qui a lieu dans la troisième section de l'Audiencia Nacional (dossier 18/98), de graves incidents de procédure dans le développement de ce dernier, et a décidé, dans son assemblée générale tenue à Bruxelles, le 20 janvier, de s'adresser à ce Conseil afin de déclarer ce qui suit :

Premièrement - Depuis le début du procès, différents avocats de notre Association, entre autres, ont assisté régulièrement et par équipes en permanence aux sessions du procès en qualité d'observateurs juridiques et avec l'autorisation nécessaire du Tribunal. Les incidents exposés ci-dessous ont été répertoriés directement par ces observateurs. 

Deuxièmement - Une des questions préalables posées au début du procès par la défense des 58 impliqués dans le procès se référait au fait que les nombreuses preuves documentaires et admises par le tribunal n'avaient pas été intégrées dans les arrêtés de mises en accusations en tant que preuves anticipatoires. Les observateurs ont pu vérifier, selon les compte-rendus faits par la secrétaire, de la relation des  preuves proposées et admises et de leur état, que ces preuves anticipatoires n'étaient pas intégrées aux dossiers du procès. La défense des accusés a également réclamé que la Secrétaire rende compte des pièces à conviction qui, à ce moment-là, se trouvaient à la disposition du Tribunal et de leur localisation parmi les 200.000 feuillets qui composent les arrêtés de mises en accusation, demande qui n'a pas été assurée.

La question préalable qui réclamait la suspension du procès tant que toutes les preuves anticipatoires sollicitées et accordées ne seraient pas à la disposition des avocats de la défense a été rejetée par le Tribunal, qui a décidé la poursuite des sessions.

Troisièmement - Dans la session du 20 décembre 2005, une des preuves sollicitée et admise a été incorporée. Il s'agissait de certaines procédures pénales du tribunal central d'instruction nº 5 de l'année 1989 auxquelles le Ministère public et l'accusation des parties civiles (Association de Victimes du Terrorisme) faisaient référence comme éléments de preuve, ce qui impliquait qu'ils en connaissaient le contenu.

 Cette preuve est composée d'environ 100.000 pages.

Malgré l’utilisation de cette preuve dans le procès, elle n’avait pas été mise à la disposition de la défense sous prétexte que le Tribunal devait, d'abord, examiner son contenu et la classer. 

Quatrièmement- Plus d'un mois est passé depuis et il faut constater que les avocats de la défense n'ont reçu aucune copie de cette preuve. Les avocats de la défense ont pu la consulter au secrétariat selon des horaires très restreints. C'est à cause de cette situation que la défense a demandé la suspension du procès le temps nécessaire pour prendre suffisamment connaissance du contenu de cette preuve.

Cette demande a été une nouvelle fois refusée. Ce fait a obligé les avocats de la défense à demander à leurs barreaux respectifs leur protection (amparo). Les barreaux ont fait suivre cette demande de protection au Conseil de l’ordre basque qui a édicté une Résolution très critique quant à la décision du tribunal. Nous avons la certitude que le barreau de Madrid a eu la même attitude que le Conseil de l'ordre basque.

Cinquièmement- Suite aux demandes de protection (amparo), le Tribunal a édicté un arrêté en suspendant le procès jusqu'au 30 janvier 2006, temps insuffisant pour l'étude, avec toutes les garanties, de la preuve documentaire décrite.

Avant toute chose, l'Association que je préside a décidé de solliciter du Conseil de l'ordre espagnol qu'il adopte les décisions et entame les activités qu'il considère pertinentes, susceptibles d'éviter que se reproduisent de nouvelles violations du droit de la défense dans le dossier 18/98, et qu'il montre son soutien aux mesures demandées par les avocats de la défense pour sauvegarder le droit à la défense en allant, si nécessaire, jusqu'à la suspension du procès jusqu'à ce qu'il puisse avoir lieu conformément aux paramètres des garanties juridiquement acceptables.

 

Bruxelles, le 21 janvier 2006.

August Gil Matamala
Président de l'AED
Rambla de Catalunya 10, 2º 2ª
08007 Barcelona